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Catchabrun.over-blog.com

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Education, droits de l'enfant, écologie, société...

L'école est inégalitaire, et après ?

Dans les discours ministériels, l’École se déclare consciente de sa responsabilité sur l'accroissement des inégalités, elle affirme qu’elle en tient compte dans le nouveau Socle commun et ses programmes, évaluations comprises. Des avancées certes, mais qui ont bien du mal à essaimer sur le terrain.
Dans les établissements, on entend encore trop souvent un autre discours entretenu par les spécialistes et les experts de toutes sortes. Si des enfants ne réussissent pas, c’est quand même souvent de leur responsabilité :

Soit, ils sont malades : agressivité, hyperactivité, dyslexie, dysorthographie…

Soit, ils ne travaillent pas assez.

Soit, ils vivent dans des familles pauvres.

Soit, ils viennent de milieux mal intégrés ou ne parlant pas français.

Les consultations, les prescriptions de médicaments, les livres et cahiers de soutien, les leçons particulières, les heures de soutien… peuvent se développer tranquillement. Ce « para-péri-médico-scolaire » privatise sournoisement l’acte éducatif. Quel vaste marché ! Marché de l’exploitation de la souffrance scolaire, de l’angoisse des parents et de l’espoir qu’ils projettent.

Et malgré ses bonnes intentions affichées de réduire les inégalités, l’École continue ses pratiques discriminantes :
Dès la petite section, l’enfant subit la pression de la compétition, viennent ensuite les notes puis le couperet de la sélection. Ses erreurs se transforment en échec et le stigmatisent « élève en difficulté » alors qu’elles ne sont que parties prenantes du processus d’apprentissage.
S’il ne s’adapte pas aux normes des méthodes de lecture, il est certainement dyslexique, dysorthographique, dys… et l’école le dirige vers des spécialistes qui lui prescriront des séances orthophoniques.
S’il bouge, s’il ne tient pas en place sur son siège, il est certainement hyperactif, il est alors conseillé aux parents d’aller consulter un psy et des médicaments lui seront prescrits.
S’il est violent, agressif, certes il a des circonstances sociales atténuantes, mais il perturbe. Si les prises en charge sont inefficaces, l’école le stigmatise « jeune délinquant », l’exclue de ses murs, lui propose des classes particulières… et quand il a 16 ans, plus rien.
S’il peine à suivre les normes de rythmes, de niveaux, c’est qu’il ne travaille pas assez. L’école le stigmatise comme enfant non motivé, voire paresseux. Heures de soutien et exercices supplémentaires lui sont préconisés.
Alors, si malgré tout il s’entête à ne pas réussir, c’est qu’il est un manuel, les savoirs savants ne sont pas pour lui, quelques savoirs techniques lui suffisent et l’école l’oriente vers le métier auquel il n’a jamais rêvé. L’école pense à tout, elle n’oublie pas de l’adapter au monde économique.
Les spécialistes et experts ont donc encore un bel avenir devant eux, le commerce qui en découle également.

Et pourtant depuis 80 ans la pédagogie Freinet* a fait ses preuves !
Elle met en avant la construction de l’individu, la relation humaine dans l’expression, la création et la coopération, la transmission de savoirs ambitieux, leur appropriation personnalisée, tâtonnante et enrichie de mutualisations. Mais elle ne fait pas recette. C’est tout juste si elle est répertoriée dans les bibliothèques des sciences de l’éducation !
En effet après une scolarité en pédagogie Freinet, l’individu ainsi formé ne serait plus assez individualiste, passif et soumis pour se satisfaire du monde qu’on lui prépare. Il serait en capacité de comprendre le monde, d’agir sur lui en coopération avec les autres pour l’améliorer et le transformer. Et en plus, il deviendrait un citoyen conscient, acteur et auteur.

Ne baissons pas les bras !
La pédagogie Freinet est libératrice et émancipatrice, étendons-la pour offrir à TOUS les enfants la possibilité de se construire et d’appréhender le monde dans la rencontre et la relation avec les autres.
C’est difficile ? Oui, pour entrer dans les lieux de formation institutionnelle et présenter le « pourquoi » et les « comment » de la pédagogie Freinet aux futurs enseignants. La liberté pédagogique inscrite dans les textes a-t-elle encore un sens si on ne connaît aucune pédagogie ?
Mouvements pédagogiques persistons !
C’est difficile ? Non, la coopération et la mutualisation sont au cœur du mouvement Freinet qui accueille, forme et offre des outils pédagogiques à tous ceux qui souhaitent enseigner autrement.
Enseignants et futurs enseignants rejoignez-nous ! 
 

*Si vous ne connaissez pas la pédagogie Freinet, ce petit livre peut vous aider

 

 

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