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Education, droits de l'enfant, écologie, société...

Droits de l'enfant et dérèglement climatique

Droits de l'enfant et dérèglement climatique

La COP25 s'est terminée le 15 décembre 2019 à Madrid : aucunes « actions urgentes » concrètes et aucuns ministres français présents !

Pour le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres : « La communauté internationale a manqué une opportunité importante de montrer son ambition pour répondre à la crise climatique. » 

La France,  quand  elle prend des mesures, c'est pour 2040 comme l'interdiction des plastiques. 

 Un mépris des enfants et des générations à venir.

 

La Convention internationale des droits de l’enfant devrait être la référence première de toutes les politiques publiques que ce soit au niveau national ou international. Pas une seule réforme, loi, décret, circulaire… ne devraient être adoptés sans prendre en compte l’intérêt supérieur de l’enfant. Pour ce faire, l’audition, la consultation, la participation coopérative des enfants en seraient un préalable incontournable.

Tous les droits humains risquent d’être mis à mal par les dérèglements climatiques à venir.

Les États signataires de l’Accord de Paris  sont conscients « que les changements climatiques sont un sujet de préoccupation pour l'humanité tout entière et que, lorsqu'elles prennent des mesures face à ces changements, les Parties devraient respecter, promouvoir et prendre en considération leurs obligations respectives concernant les droits de l'Homme, le droit à la santé, les droits des peuples autochtones, des communautés locales, des migrants, des enfants, des personnes handicapées et des personnes en situation vulnérable et le droit au développement, ainsi que l'égalité des sexes, l'autonomisation des femmes et l'équité entre les générations. »

Cette année encore, aucun pays ne peut se prévaloir de garantir à chacun une protection et des perspectives égales, ainsi que le plein exercice de ses droits fondamentaux — pas même les pays considérés comme les plus riches et les plus développés.

Même si les enfants et les jeunes d’aujourd’hui sont fortement impactés par les effets du réchauffement liés aux choix politiques et économiques passés et présents, leur intérêt, leur avis, leur opinion ne sont guère pris en compte dans les débats nationaux et internationaux sur le dérèglement climatique.

 

Il suffirait d’appliquer la Convention

Dans la première partie de l’article trois : Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale.

Quant à la participation de la jeunesse à l’élaboration des politiques même locales, elle est très rare. Son avis n’est pas guère entendu, même si dans l’article 12 : 1. Les États parties garantissent à l’enfant qui est capable de discernement le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant, les opinions de l’enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité. 2. A cette fin, on donnera notamment à l’enfant la possibilité d’être entendu dans toute procédure judiciaire ou administrative l’intéressant, soit directement, soit par l’intermédiaire d’un représentant ou d’un organisme approprié, de façon compatible avec les règles de procédure de la législation nationale.

Pourtant associer les enfants et les jeunes aux projets politiques que ce soit dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’alimentation, de la protection des enfants, des jeunes, des familles… serait essentiel pour assurer l’avenir et l’émancipation de tous les humains.

Et ces projets déborderaient d’idées nouvelles pour l’utilisation de sources d’énergie renouvelable, pour renforcer l’éducation environnementale dans les écoles et les espaces éducatifs, pour soutenir les humains dont les moyens de subsistance sont menacés et pour améliorer les dispositifs de prévention et de protection des catastrophes telles que les tempêtes, les inondations et les sècheresses.

La nécessité de ralentir le dérèglement climatique, de limiter les effets du réchauffement, de créer des systèmes de protection, des lieux vivables doivent pour advenir associer les enfants et les jeunes à leur élaboration, à leur mise en œuvre et à leur suivi.

Les enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain, initions ce cycle de participation le plus tôt possible pour qu’une petite chance de survie de l’humanité existe.  

 

Passons de la Convention aux actes !

À l’occasion des 30 ans de l’adoption de la Convention internationale des droits de l’enfant par les Nations Unies, plus de trente associations, ONG et collectifs se sont regroupés pour parler d’une seule voix au sein d’une Dynamique intitulée « De la Convention aux Actes ! ».

Cette Dynamique s’inscrit dans une triple démarche :

- Fédérer des acteurs de la société civile œuvrant dans différents domaines de l’enfance en France et à l’international pour porter des propositions communes ;

- Convaincre les pouvoirs publics de prendre des engagements forts en faveur de l’enfance et d’en faire une priorité politique ;

- Mobiliser l’opinion publique sur les enjeux relatifs à l’enfance et au respect de ses droits.

Elle propose aux pouvoirs publics douze « actes » visant à mieux garantir les droits de l’enfant.

Chaque acte est décliné en plusieurs recommandations qui concernent les enfants en France et dans le monde. Ils ont l’ambition d’infléchir la politique nationale de la France et son action de coopération internationale afin de passer enfin de la Convention aux actes !

Le principe de l’universalité des droits – c’est-à-dire qu’ils s’appliquent à chaque enfant du monde sans discrimination – a guidé la rédaction de ces actes.

En cette année du 30e anniversaire de la Convention, il est indispensable de rappeler que chaque enfant compte et doit voir ses droits appliqués. La France doit s’engager dans la même voie sur son territoire et dans sa politique internationale.

Les 12 actes[1] élaborés en commun depuis le printemps 2019 ont fait l’objet d’un long travail participatif entre toutes les associations, ONG et collectifs membres de la Dynamique. De nombreuses réunions mais aussi des échanges réguliers à distance ont permis une réelle co-construction bénéficiant de l’expertise et de la spécificité de chaque organisation.

Huit thématiques ont été retenues : Gouvernance, Éducation, Environnement, Justice, Participation, Précarité, Protection et Santé.

Ces actes s’adressent en priorité au Président de la République, au Premier Ministre et à son Gouvernement et également aux parlementaires, aux élus sur tout le territoire…

 

L’ACTE ENVIRONNEMENT
La France met en cohérence l’ensemble de ses politiques publiques avec l’exigence de préservation et de restauration de l’environnement pour permettre aux enfants de vivre dans un environnement sain et non pollué

Convention relative aux droits de l’enfant, Article 6 :

Tout enfant a un droit inhérent à la vie et l’État a l’obligation d’assurer la survie et le développement de l’enfant.

Convention relative aux droits de l’enfant, Article 29 :

Les États parties conviennent que l’éducation de l’enfant doit viser à inculquer à l’enfant le respect du milieu naturel.

EN FRANCE

Quels constats ?

L‘impact des activités humaines sur l’environnement se répercute directement sur le bien-être et la santé de la population, parmi laquelle les enfants qui sont un public particulièrement vulnérable aux dégradations de l’environnement. Ainsi, 3 enfants sur 4 respirent un air toxique en France selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’ensemble des enfants est également exposé à des perturbateurs endocriniens qui ont une incidence sur leur développement.

Comment agir ?

Renforcer les données sur l’exposition des enfants aux pollutions environnementales et sur les conséquences sur leur santé et leur développement.

Préciser la loi pour assurer que les normes de qualité de l’air aux abords des établissements recevant des enfants sont respectées, notamment en restreignant la circulation des véhicules polluants ou en encadrant les épandages de pesticides.

Contractualiser avec les collectivités locales pour les inciter à réduire l’exposition des enfants aux perturbateurs endocriniens dans tous les lieux où ils peuvent séjourner (classes, cantines, espaces verts et publics). Par exemple, augmenter à 50 % la part des produits bio et locaux utilisés dans les cantines.

À L’INTERNATIONAL

Quels constats ?

Le nombre d’enfants affectés chaque année par les fléaux climatiques augmente dramatiquement : chaque année 66,5 millions sont touchés par ces dérèglements ; ce chiffre pourrait atteindre 175 millions sur la prochaine décennie à cause du changement climatique. Chaque année, environ 3 millions d’enfants de moins de cinq ans meurent de maladies liées à l’environnement. Les maladies diarrhéiques, le paludisme et la malnutrition sont les trois premières causes de mortalité infantile. Elles sont autant de phénomènes aggravés par le changement climatique.

99 % des décès déjà attribués aux changements climatiques surviennent dans les pays en développement, et les enfants représentent 80 % de ces décès.

Par ailleurs, le rapport de mars 2019 d’Inger Andersen, la Directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), souligne le besoin d’investir dans l’éducation d’une nouvelle génération pour trouver des solutions aux défis environnementaux.

Comment agir ?

Garantir que l’ensemble de l'Aide Publique au Développement (APD) française soit déployé en conformité avec les exigences écologiques de l’accord de Paris, notamment en se libérant des énergies fossiles et en privilégiant systématiquement les sources d’énergies durables.

Développer, soutenir et mettre en œuvre des programmes de sensibilisation, d’éducation et de renforcement de capacités destinés aux enfants et aux jeunes sur la protection de l’environnement et la gestion et la réduction des risques et des catastrophes le cas échéant, en cohérence avec les spécificités de leurs zones géographiques.

Augmenter la contribution financière annuelle dédiée à la réponse humanitaire de la France aux enfants victimes de catastrophes naturelles, notamment en situation de déplacements forcés, et promouvoir dans sa mise en œuvre la participation des enfants, y compris les plus marginalisés, afin de garantir leur protection, leurs droits et répondre à leurs besoins fondamentaux : accès à l’eau et à l’assainissement, à la nourriture, aux soins de santé, construction d’abris, protection, etc. 

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