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Education, droits de l'enfant, écologie, société...

La liberté d’expression… « autant que possible »

La liberté d'expression est essentielle, elle est définie par la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 qui dispose que « tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. ».

En France, Le Conseil constitutionnel réaffirme en 1994 que la liberté d'expression est une « liberté fondamentale d'autant plus précieuse que son existence est une des garanties essentielles du respect des autres droits et libertés. »

Et pourtant, cette liberté d’expression est remise en cause le 7 janvier 2015, ses extrémistes assassinent des hommes et des femmes dont leur métier est d’écrire, de dessiner, de critiquer, de caricaturer, d’informer… mais l’horreur et la douleur de cet attentat n’affaiblit pas cette liberté. La conscience de son importance s’est même élargie, développée chez tous les citoyens. Cependant, la vigilance est de mise, car la liberté d’expression gêne les défenseurs des dogmes, des doctrines, des préceptes religieux… 

Le 2 septembre 2020 le procès des attentats commence, Charlie Hebdo publie un numéro spécial avec les caricatures. Les menaces repartent…  la protection sur les lieux du procès se renforce.

Le 21 septembre, la DRH de Charlie est exfiltrée de son domicile.

Le 23 septembre, un appel pour la liberté d’expression est signé par une centaine de médias :

Le 25 septembre, à la sortie des anciens locaux de Charlie, deux journalistes de l’agence Premières lignes sont attaqués par deux terroristes.

Le 16 octobre, un professeur d’histoire est assassiné et décapité par un terroriste tchétchène de 18 ans pour avoir utilisé les caricatures de Mahomet dans son cours et réfléchir à la liberté d’expression – après avoir averti ses élèves pour qu’ils puissent sortir de la classe s’ils ne souhaitaient pas les voir.

Le 28 octobre, Emmanuel Macron annonce le retour du confinement partout en France, mais  cette fois-ci les écoles, les collèges et les lycées restent ouverts.

Le 29 octobre, tout est précisé par le premier ministre Jean Castex : les déplacements  sont autorisés pour se rendre à son travail – si le télétravail impossible. Pour les autres déplacements, on retrouve l’attestation du printemps qu’il faut remplir à chaque fois.

Le 29 octobre, Jean-Michel Blanquer précise les mesures pour les établissements scolaires, avec un protocole sanitaire renforcé « autant que possible »…  lors d’une conférence de presse :

- port du masque dès 6 ans

- arrivées et départs des établissements « autant que possible étalés dans le temps »

- circulation des élèves dans les bâtiments avec des « déplacements limités au maximum »

- récréations organisées par groupes avec un « respect maximum » des gestes barrières

- maintien de la restauration scolaire « en veillant à espacer chaque élève d’un mètre autant que possible »

Il faudra aussi aérer les classes, les couloirs… très souvent ; désinfecter le matériel, veiller aux lavages des mains et à la distanciation physique partout et tout le temps.

A la rentrée des vacances d’automne, un hommage à l’enseignant Samuel Paty est prévu avec une minute de silence suivi d’un temps dédié à la lecture de la « Lettre aux instituteurs et institutrices » de Jean Jaurès et une réflexion sur la liberté d’expression.

Le 29 octobre, trois personnes sont tuées au couteau  à l’intérieur de la basilique Notre-Dame à Nice. Le plan Vigipirate est renforcé.

Le 30 octobre, après plusieurs heures d’hésitation, dues au contexte sécuritaire après l’attentat de Nice,  l’hommage est maintenu le 2 novembre, mais il sera organisé dans la classe ou dans la cour à 11 heures après la lecture de la lettre de Jean Jaurès. Le « temps pédagogique » sur la liberté d’expression pourra se tenir à un autre moment dans la semaine ou dans le mois.

« Un temps pédagogique » magistral ou un « temps pédagogique » coopératif ?

Les élèves auront-ils la possibilité le jour de la rentrée d’échanger sur leur perception de cet attentat, sur ce qu’ils en ont compris, sur ce qu’ils ont vu ou entendu dans les médias, dans les discussions des adultes ?

Et lors du « temps pédagogique » qu’il soit le jour de la rentrée ou plus tard, pourront-ils échanger sur ce qu’ils ressentent, comprennent… de la lettre de Jaurès ou n’auront-ils que des questions écrites, comme n’importe quel exercice ?

Pourront-ils exprimer leur propre définition de la liberté d’expression, en débattre ? Des approfondissements seront-ils prévus : hier et aujourd’hui selon les pays avec des recherches documentaires, des exposés à programmer avec les élèves ?

En tout cas, un « temps pédagogique » masqué !

L’interaction entre élèves, les échanges, les débats seront difficiles, seule l’interaction avec l’enseignant  et bien sûr les questions écrites risquent d’être privilégiées.

Et  avec des enfants de 6 ans, 7 ans…  comment pourront-ils ne pas y toucher, le tirer pour s’exprimer et même s’ils dessinent, écrivent… le masque les enfermera dans le silence.

La liberté d'expression une responsabilité de tous et toutes pour la faire vivre aux enfants, condition indispensable pour qu’elle puisse s’exercer une fois qu’ils sont devenus adultes.

Comment les enfants vont-ils s’exprimer cette année ? Comment les associations qui la portent vont donner la parole aux enfants ? Des vidéos, des enregistrements, des émissions, des bandes dessinées, des articles, des affiches…

Les militants des droits de l’enfant seront créatifs !

Le mois de novembre, c’est aussi l’anniversaire de Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE).

Ce qu'elle dit de la liberté d’expression :

Article 12 - alinéa 1 : « Les États partie garantissent à l’enfant qui est capable de discernement le droit d’exprimer librement son opinion sur tout décision l’intéressant, les opinions de l’enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité. »

Article 13 : « 1. L’enfant a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen du choix de l’enfant.
2. L’exercice de ce droit ne peut faire l’objet que des seules restrictions qui sont prescrites par la loi et qui sont nécessaires :

a - au respect des droits ou de la réputation d’autrui ;

b - à la sauvegarde de la sécurité nationale, de l’ordre public, de la santé ou de la moralité publiques. »

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