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Education, droits de l'enfant, écologie, société...

L’Accord de Paris, cinq ans de laisser-faire

L’Accord de Paris, cinq ans de laisser-faire

L’Accord de Paris sur le climat faisait suite aux négociations tenues lors de la COP 21 en novembre et décembre 2015. Approuvé par l’ensemble des 195 délégations le 12 décembre 2015, il entra en vigueur le 4 novembre 2016 – trente jours après sa ratification des 55 États parties représentant 55 % des émissions de gaz à effet de serre. Une aide climatique était prévue pour les pays en développement avec un plancher de 91 milliards d’euros.

Mais « à tout moment après un délai de trois ans à partir de l’entrée en vigueur de l’accord pour un pays », celui-ci peut s’en retirer, sur simple notification. Ainsi, le 1er juin 2017, Donald Trump annonça la sortie des États-Unis de l’Accord de Paris, avec comme motifs : il va « tuer 2,7 millions d'emplois » et « désavantager l'économie américaine ». Second plus gros émetteur de CO2 et premier producteur mondial de pétrole, les États-Unis ont été le seul pays à se désengager de ce texte. Et ce fut le 4 novembre 2020, que ce retrait a été acté. Mais ce devrait être un départ provisoire, Joe Biden s'étant engagé, en cas de victoire, à signer l’Accord.

A ce jour, d'après les données publiées par les Nations Unies, 183 pays ont ratifié le texte.

Ne soyons pas trop optimistes, l’Accord de Paris est surtout une déclaration d’intentions, sans aucune mesure coercitive.

Le principal engagement était de contenir le réchauffement climatique sous le seuil des 2 °C, donc de poursuivre des efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C (article 2).

Pour ce faire :

La recherche de la neutralité carbone est essentielle pour trouver l’équilibre entre l’émission de gaz à effet de serre et les réservoirs naturels et artificiels qui absorbent le carbone en circulation dans la biosphère, appelés « puits de carbone » (forêts, océans et techniques de capture et stockage du carbone).

Le plafonnement mondial des émissions de gaz à effet de serre quant à lui, est exprimé dans l’article 4 : « En vue d'atteindre l'objectif de température à long terme énoncé à l'article 2, les Parties cherchent à parvenir au plafonnement mondial des émissions de gaz à effet de serre dans les meilleurs délais, étant entendu que le plafonnement prendra davantage de temps pour les pays en développement. »

Pour calmer le réchauffement climatique, il faut donc que les émissions mondiales de CO2 se stabilisent d’ici 2030 et diminuent ensuite fortement, sinon il s’accélèrera et se poursuivra au-delà de 2100 (temps de résidence du CO2, mémoire océanique, etc.). Et c’est mal parti, depuis l’Accord de Paris, non seulement les émissions de CO2 ne se stabilisent pas, mais elles augmentent.

En 2019, on peut constater au sein du G20[1] 

Les chiffres du bilan énergétique de 2019 du G20 (États représentant 80% de la consommation d’énergie dans le monde) sont désolants et indiquent davantage de consommation d’’énergie avec plus de charbon, de gaz et de pétrole, et donc plus d’émissions de CO2 :

- L’augmentation spectaculaire de la consommation de gaz naturel (+3,2 %), les États-Unis étant responsables de plus de 30 % de l'augmentation mondiale.

- La consommation de pétrole et de gaz ont augmenté respectivement de +1,2% et +3,2%

- Le ralentissement significatif de la croissance de la consommation d'électricité en 2019 dans le G20 (+0,7 % contre +3,6 % en 2018). La Chine, qui représente 1/3 de la consommation d'électricité du G20, a enregistré une croissance de 4,5 %, mais celle-ci est en baisse (depuis 2007, 7,5 % par an).

- Le fort développement des énergies renouvelables se poursuit : +11% dans la production d'énergie éolienne et +22% dans la production d'énergie solaire. C'est un ralentissement par rapport à 2018, mais une croissance toujours supérieure à toutes les autres sources d'énergie.

Sachant que plus le G20 produit d’émissions, plus il doit les diminuer les années suivantes, endiguer la hausse de la température moyenne planétaire, c’est bien mal parti !

Une année 2020 différente

L'évolution constante de la pandémie de Covid19 a eu un impact considérable sur la demande mondiale d'énergie, les fermetures d'usines dans le monde entier ayant entraîné une réduction de l'activité économique.

Morale de l'histoire

Les États signataires de l’Accord de Paris font des efforts à condition qu’ils ne touchent pas à leur croissance économique, le fait que la Terre soit un espace fini ne les concerne pas.

Les intérêts à court terme l’emportent sur les décisions à prendre aujourd’hui pour sauvegarder demain l’environnement et assurer la vie sur Terre dans 40 ans.

Les gouvernements ne pensent pas à la population, notamment aux plus jeunes qui vont subir fortement les dérèglements climatiques et leurs conséquences, dont les catastrophes dites « naturelles ».

Ces jeunes s’inquiètent et comme les marches pour le climat sont impossibles à cause de la pandémie, ils réinventent des espaces pour maintenir la pression sur les dirigeants de la planète. A l’occasion des cinq ans de la COP21, ils organisent le vendredi 11 décembre avec le mouvement de Greta Thunberg  Fridays for Future  une "COP" pour remplacer la COP26 prévue à Glasgow cet automne et qui a été annulée. Dans leur déclaration, ils plaident en faveur de la création d’un crime d’écocide au niveau international, pour interdire l’exploitation de nouvelles réserves d’énergie fossile et garantir une réponse économique « verte » à la crise de la pandémie.

Que décideront les gouvernements lors de la COP26 ?

 

 

 

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