Education, droits de l'enfant, écologie, société...
12 Décembre 2025
/image%2F2425446%2F20251216%2Fob_96c514_populisme-france-63022-1280.jpg)
Ce mot est utilisé par beaucoup de personnes, qu’en penser ?
On l’entend partout, à droite, à gauche et hors partis. Il rassemblerait tout ce qui n’est pas correct, ce qui n’est pas de la norme… voire de l’illettrisme politique.
« Le mot populisme désigne toute approche politique qui a tendance à opposer le peuple aux élites politiques, économiques, médiatiques, culturelles et/ou intellectuelles, en se réclamant du premier.
Le sentiment que le peuple est exclu de l'exercice d'un pouvoir par ailleurs coupé des réalités, même dans une démocratie représentative et notamment parlementaire émanant d'élections dites démocratiques, est à l'origine du populisme de gauche, comme du populisme de droite, et du lien des deux avec l'extrémisme, l'extrême gauche ou l'extrême droite, qui se rejoindraient. Cette analyse est cependant très subjective et polémique. » (Wikipédia)
Le « populisme », un mot valise utilisé par les partis traditionnels et leurs élites pour ne pas penser et offrir un projet politique qui les dérangerait… Ces biens pensants qualifient de « populistes » ceux qui expriment leur méfiance, leur contestation, le refus d’une politique inefficace. Et pourtant ce sont bien ces élites – de gauche comme de droite – qui ont conduit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale des politiques économiques les plus productives d’inégalités sociales. Il est donc naturel que les « populistes » attribuent aux « élites » la responsabilité de leurs maux, elles qui préfèrent satisfaire leurs intérêts particuliers au détriment de ceux du « peuple ».
Ces « populistes » sont souvent réduits à des « extrémistes », car ils seraient sensibles aux solutions simplistes de « bon sens populaire » des formations politiques d’extrême droite (repli national, ethnique, administratif…) qui prétendent être les seules à défendre les intérêts du peuple. Un exemple récent, le 7 septembre 2025 à Hénin-Beaumont : Marine Le Pen se pose en incarnation de la démocratie ; elle, et son parti, seraient les gardiens de la « souveraineté populaire » et de la démocratie.
En fait, ces formations défendent d’abord leurs propres intérêts… comme tout parti politique. D’ailleurs, tous parlent au nom du « peuple » et chacun prétend défendre au mieux ses intérêts !
Alors les partis qui se disent « démocratiques » ne sont-ils pas un peu « populistes » ?
Une certitude, ils sont tous « démagogues » et s’utilisent les uns les autres pour conserver ou gagner le pouvoir. En effet, les politiciens entretiennent l’opposition entre les « populistes » et les autres, entre les partis « extrémistes » et les partis « démocrates » pour camoufler dans leurs discours les insuffisances, le manque de courage sur la prise en compte des intérêts politiques, économiques et sociaux de ce fameux « peuple ». D’ailleurs, à droite, comme à gauche, à les écouter, il n’y aurait pas d’alternatives à l’économie libérale !
Quant à étancher la soif de justice, d’équité, de démocratie du « peuple », la gauche a abandonné depuis quelques décennies. Le projet « socialiste » porté par Jaurès est bien loin.
Alors, ce « populisme » bien utilisé ne pourrait-il pas réanimer la « gauche » ?
Ne permettrait-il pas de redonner du sens aux mots : « humanisme », « socialisme », « communisme », « émancipation », « populaire », « progressisme », « utopisme », « réformisme »… ?
Ne permettrait-il pas de mettre en synergie tout ce qui fait « peuple » : ouvriers, artisans, agriculteurs, cadres, enseignants, intellectuels, retraités, féministes, écologistes, pacifistes… ? Un « nous » respectueux du « je », un « je » respectueux du « nous ».
Ne permettrait-il pas de mobiliser le « peuple » sur des passions autres que la peur, l’insécurité qui débouchent sur le nationalisme, la xénophobie, l’islamophobie, l’antisémitisme… ?
Ne permettrait-il pas de retrouver les passions qui font humanité : la justice, l’équité, la fraternité, la liberté, le rêve, l’utopie, l’amitié, l’amour, le désir d’apprendre, de comprendre, d’entreprendre, de découvrir, de se dépasser, de créer…
Une conception du « peuple » à redéfinir !
Un « peuple » qui s’affirme et qui ne veut plus d’un système ultralibéral qui affame, met à la rue, stigmatise, trie, suspecte, enferme, divise, creuse les inégalités...
Un « peuple » qui retrouve le goût de la politique qui s’oppose aux défenseurs d’un tel système, mais qui propose, construit, réforme… et développe la démocratie.
Un « peuple » guidant la République !